QUAND CLOSER A DU SENS

Publié le par KPLCE

Merci encore pour cette belle rencontre, fût-elle téléphonique.
Comme promis, voici la trame de mon article. Il part à l'imprimerie demain (lundi) soir. Prévenez-moi si jamais j'ai écrit quelque chose d'erroné, mais a priori tout est bon. Je crois que l'article est à la fois fort et pudique, et qu'il aidera beaucoup de jeunes filles.

Merci encore pour votre témoignage. Nous enverrons le magazine à Pierre Foldes. J'espère qu'il vous répondra cette fois !
Bonne journée,
Céline

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ARTICLE SUR KATOUCHA CONTRE L'EXCISION

 Déposer les lames. Elle les en conjure. « Il est impensable, à notre époque, que certaines pratiques, ancestrales et barbares, persistent. » C'est une femme et une mère qui parle. Une célébrité aussi. Après vingt ans à fouler les podiums, Katoucha Niane veut piétiner les idées reçues. La « princesse peulh » d’origine guinéenne, ex-égérie d’Yves Saint Laurent, a décidé de se battre contre cette "coutume" qui a déjà meurtri 130 millions de femmes dans le monde. Elle y compris. « J'ai été excisée, à l'âge de 9 ans sans qu'on me demande mon avis. Pendant trop longtemps, j'ai gardé cette blessure pour moi. » Jusqu’à récemment, même ses deux grandes filles de 29 et 27 ans ignoraient cette blessure d'enfance. "Un jour, j’ai arrêté d’avoir honte et j’ai voulu lever ce tabou, pour aider les autres. » En 2005, elle a créé l’association KPLCE (Katoucha pour la lutte contre l’excision). « Ouvrons le débat sur ce sujet tabou, rompons le silence, explique-t-elle sur son site. Donnons-lui un écho international et participons à sa disparition annoncée en divulguant les réalités religieuses, médicales, psychologiques et sociales de cette pratique ancestrale" (1).

Elle prend ses armes à elle. Les mots. « Bien sûr, je ne suis qu’un mannequin. Mais un mannequin avec la voix qui porte. » Elle le prouve ce mois-ci à Dakar, au Sénégal, où elle supervise  l’élection de « Miss Ebène Top Model », un concours qu’elle a créé après s’être retirée des podiums, en 2001. L’événement est organisé en partenariat avec l’organisation non gouvernementale Tostan qui, depuis trente ans, se mobilise contre les mutilations génitales féminines (2). Molly Melching est l’une des rares femmes à côté de qui Katoucha se sente toute petite. « Quand j’ai vu le travail de cette femme, j’ai voulu l’aider. » Tous les profits de la soirée, comme ceux de sa propre association, sont reversés à cette belle ONG. Mieux encore, Katoucha oblige les candidates à fréquenter l’association. « Ce sont des femmes avant d’être des apprenties mannequins. C’est ma façon à moi de leur dire à celles qui sont excisées qu’elles ne sont pas seules. Beaucoup d’entre elles pleurent et me remercient. La plupart me confient qu’elles ne savaient pas qu’on pouvait en parler. »

Si, on peut. Avec délicatesse, à mots couverts. Katoucha parle, en ce qui la concerne, d’une « fêlure intérieure, à vie ». A 46 ans, Katoucha se souvient avec pudeur de cette petite fille de 9 ans privée d’une partie de sa féminité, du jour au lendemain, en Guinée où elle est née. « Couper le clitoris, mutiler les grandes lèvres, coudre cela ensemble et rouvrir au couteau pour les grossesses, c’est démolir une femme entière », résume Bernard Kouchner, dans la préface d’un livre sur le sujet (3). Katoucha confirme. Mais cette femme engagée refuse de stigmatiser sa propre mère pour autant. « Ce sont les lois et les coutumes, pas les gens qu’il faut combattre. » Dans certaines communautés, les femmes non excisées se retrouvent privées de statut ou de pouvoir d’expression. « Si ma mère n’avait rien fait, mes grands-mères s’en seraient chargées. Mon excision, au moins, a été faite dans des conditions médicales. Ma mère m’a protégée comme elle pu. » A sa façon, elle est de celles qui ont eu de la chance. « J’ai pu avoir trois enfants et trois magnifiques mariages. » Mais la « tradition » s’arrêtera là. Pourquoi infliger une telle pratique à une fillette ? Pour préserver la virginité ? Priver les femmes de plaisir ? Au nom de la religion ? Katoucha a tout entendu. « Ce sont de graves idées reçues. Je n’ai jamais rien lu de tel dans le Coran. » L’indignation contre l’une des pires violations de la Convention relative aux droits de l’enfant fait d’ailleurs son chemin, en Afrique. De nombreux traités internationaux et gouvernements africains condamnent aujourd’hui cette coutume nuisible. Mais l’excision reste une pratique, même hors-la-loi, plus courante et plus répandue qu’on ne peut le craindre. En France, plus  de 30 000 filles concernées. « Combien de jeunes filles vont prendre l’avion cet été et être excisées, sans leur consentement ? s’émeut Katoucha. Ces victimes ne doivent pas avoir peur d’appeler les services sociaux, pour se protéger. »

Bien sûr, c’est difficile. Katoucha a douloureusement couché son témoignage dans un livre à paraître en septembre. Avant elle, en 1988, sa tante, Kesso Barry, ancien mannequin elle aussi, brisait déjà le tabou familial dans un roman. Les femmes peuvent aider d’autres femmes. Les hommes aussi, d’ailleurs. Katoucha a été bouleversée par la démarche du chirurgien Pierre Foldes (voir encadré), qui a choisi de se spécialiser dans la réparation des mutilations génitales. « L’excision est une longue erreur, s’emporte Katoucha. Mais on peut tous essayer de la réparer... »

Céline Chaudeau
(1) Voir le site
www.katoucha-niane.com
(2) www.tostan.org
(3) Victoire sur l’excision d’Hubert Prolongeau, 16 €, chez Albin Michel, consacré à la démarche du chirurgien Pierre Foldes

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